Pouvoir d’achat Adecco : carburant, CPF et PERCOL sous tension en 2026

Article mis à jour en septembre 2026 à la suite de la nouvelle démarche de la CFTC Adecco en faveur de mesures concrètes sur les frais de carburant et les déplacements des salariés.

Depuis plusieurs mois, les salariés, permanents comme intérimaires, subissent une accumulation de contraintes qui pèsent directement sur leur pouvoir d’achat. Coût du carburant, accès à la formation, frais liés aux déplacements : ces dépenses peuvent représenter une part importante du budget des salariés.

À retenir
Pour la CFTC Adecco, la question du pouvoir d’achat ne peut pas être renvoyée à plus tard. La CFTC renouvelle en septembre 2026 sa demande d’ouverture de discussions sur des mesures concrètes concernant notamment les frais de carburant et les déplacements professionnels ou domicile-travail.

Carburant : la CFTC renouvelle sa demande

La CFTC Adecco avait alerté la Direction dès le printemps 2026 sur l’impact de la hausse des prix du carburant et formulé plusieurs propositions afin d’en limiter les conséquences pour les salariés.

Parmi les pistes proposées figuraient notamment :

  • l’attribution d’une aide ou prime exceptionnelle pour le carburant dans le cadre légal applicable ;
  • la limitation au strict nécessaire de certains déplacements ;
  • un recours renforcé au télétravail lorsque les fonctions le permettent ;
  • l’examen d’une revalorisation temporaire des indemnités kilométriques ;
  • le développement du covoiturage et de dispositifs incitatifs ;
  • une attention particulière portée aux délais de remboursement des frais professionnels.

En septembre, la CFTC a souhaité remettre cette demande sur la table et solliciter l’ouverture de discussions avec la Direction.

Mise à jour – septembre 2026

La CFTC Adecco réitère sa demande d’ouverture d’une négociation afin d’examiner la possibilité de mettre en place une aide exceptionnelle liée au carburant et, plus largement, des mesures permettant de réduire le coût des déplacements supporté par les salariés.

La CFTC souhaitait également porter cette demande lors du CSEC du 8 septembre. Le sujet n’étant pas inscrit à l’ordre du jour, il n’a pas été examiné au fond dans ce cadre.

Pour la CFTC, cela ne clôt pas le sujet : la demande de dialogue et de négociation demeure.

Une prime carburant peut être mise en place par l’employeur

La prise en charge par l’employeur de certains frais engagés par les salariés pour leurs déplacements entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail est prévue par le Code du travail.

Cette prise en charge reste facultative pour les frais de carburant et peut être mise en œuvre notamment par accord collectif ou, dans les conditions prévues par les textes, par décision de l’employeur.

Dans le contexte exceptionnel de 2026, le Gouvernement a annoncé un renforcement temporaire du dispositif de soutien permettant aux employeurs d’aider leurs salariés confrontés au coût du carburant.

Point de vigilance juridique

Les règles fiscales et sociales applicables à ces aides ont évolué au cours de l’année 2026. Le montant, les conditions et les plafonds d’exonération doivent donc être appréciés au regard des textes en vigueur au moment du versement. La CFTC demande l’ouverture d’une négociation ; la mise en place effective et ses modalités dépendraient d’un accord avec l’entreprise ou du dispositif retenu par l’employeur.

Une aide de 100 euros pour certains « grands rouleurs »

Indépendamment d’une éventuelle mesure mise en place par Adecco, l’État a instauré en 2026 une indemnité carburant destinée à certains travailleurs utilisant leur véhicule à des fins professionnelles.

Le montant de cette aide a été porté à 100 euros. Elle est soumise à plusieurs conditions, notamment de revenus et d’utilisation du véhicule.

Les salariés susceptibles d’être concernés peuvent vérifier leur éligibilité directement sur le site officiel des impôts.

À ne pas confondre

L’aide gouvernementale destinée aux « grands rouleurs » et la demande de prime carburant portée par la CFTC auprès d’Adecco sont deux dispositifs différents. L’un relève de l’État ; l’autre suppose une décision ou une négociation au niveau de l’entreprise.

Pourquoi la CFTC maintient-elle sa demande ?

Pour beaucoup de salariés, le coût des déplacements domicile-travail ou domicile-mission n’est pas une dépense accessoire.

Selon le lieu de résidence, les horaires de travail et les possibilités de transport collectif, l’utilisation d’un véhicule personnel peut être difficilement évitable.

Pour les intérimaires, cette question peut être encore plus sensible lorsque les lieux de mission changent régulièrement.

La CFTC considère donc qu’un dispositif temporaire et ciblé mérite d’être étudié, tout particulièrement pour les salariés fortement dépendants de leur véhicule pour exercer leur activité.

Position CFTC
La CFTC ne présente pas la prime carburant comme un droit déjà acquis. Elle demande qu’une négociation soit ouverte afin d’examiner les solutions juridiquement et économiquement possibles : aide carburant, indemnités kilométriques, télétravail, réduction des déplacements inutiles et soutien au covoiturage.

CPF : un reste à charge qui complique l’accès à la formation

Autre évolution défavorable pour les salariés : depuis le 2 avril 2026, le reste à charge du CPF est porté à 150 euros pour les bénéficiaires concernés. Cette hausse s’inscrit dans une logique de restriction budgétaire qui pèse directement sur l’accès à la formation.

Certains publics restent exonérés, notamment les demandeurs d’emploi ou les salariés bénéficiant d’un abondement. Mais pour de nombreux actifs, cette augmentation constitue un frein supplémentaire.

Dans une période où les parcours professionnels sont plus incertains, où les reconversions se multiplient et où la montée en compétences est régulièrement présentée comme une priorité, ce signal est loin d’être neutre.

Un contexte économique qui reste fragile

Cette pression sur le pouvoir d’achat intervient dans un environnement économique qui demeure tendu. Les tendances de l’emploi intérimaire restent contrastées selon les secteurs.

Dans ce contexte, les contraintes économiques auxquelles sont confrontées les entreprises ne doivent pas conduire à faire supporter aux seuls salariés l’ensemble des conséquences de l’augmentation des coûts liés au travail et aux déplacements.

PERCOL, participation, pouvoir d’achat : une même exigence de cohérence

Les discussions autour du PERCOL ont également mis en évidence un point de fond : les salariés attendent des mesures utiles, lisibles et concrètes.

De la même manière, les questions relatives à la participation ou aux frais liés aux déplacements participent directement au pouvoir d’achat réel des salariés.

Pour la CFTC, même si ces sujets relèvent de cadres juridiques différents, ils doivent être examinés avec une même exigence : apporter des réponses concrètes aux réalités vécues par les salariés.

Ce que la CFTC continuera de porter

La CFTC Adecco continuera notamment à demander :

  • l’ouverture d’une discussion sur une aide exceptionnelle carburant ;
  • des mesures adaptées concernant les frais liés aux déplacements ;
  • une politique plus protectrice du pouvoir d’achat ;
  • une attention particulière aux salariés les plus dépendants de leur véhicule pour travailler ;
  • des réponses concrètes et évaluables plutôt qu’un simple renvoi à plus tard.

En conclusion

Le contexte a évolué depuis les premières demandes formulées par la CFTC au printemps 2026, mais la question de fond demeure : comment éviter que le coût des déplacements professionnels ou domicile-travail ne pèse excessivement sur les salariés ?

La CFTC Adecco considère qu’une discussion doit pouvoir s’ouvrir afin d’examiner les différents leviers disponibles et de rechercher des solutions équilibrées pour les salariés comme pour l’entreprise.

Sources officielles

Frais de transport et prise en charge par l’employeur :
Ministère de l’Économie – Frais de transport des salariés : quelles sont vos obligations ?

Mesures carburant 2026 : 
Ministère de l’Économie – Mesures de soutien économique liées à la hausse des carburants

Aide aux travailleurs « grands rouleurs » : 
Ministère de l’Économie – Aide carburant pour les travailleurs « grands rouleurs »

Cadre fiscal : 
Légifrance – Code général des impôts, article 81

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