DACO chez Adecco : charge de travail et conditions de travail restent sous vigilance
Depuis plusieurs mois, la situation des centres de service de la DACO fait l’objet de remontées et d’interrogations concernant la charge de travail, l’organisation des équipes et les conditions dans lesquelles certaines activités sont aujourd’hui réalisées.
Ces préoccupations ont de nouveau été portées au niveau du Comité social et économique central d’Adecco France lors de la réunion du 8 septembre 2026.
Pour la CFTC Adecco, l’objectif n’est pas de contester par principe les évolutions d’organisation, mais de s’assurer qu’elles restent compatibles avec des conditions de travail soutenables et avec la qualité de service attendue.
À retenir
Les élus ont interrogé la Direction sur plusieurs sujets : surcharge de travail, tensions dans les équipes, difficultés à maintenir la qualité de service, multiplication des sollicitations et délais de traitement.
La CFTC demande que ces alertes soient objectivées et qu’elles donnent lieu, lorsque cela est nécessaire, à des mesures concrètes sur l’organisation, les moyens et la prévention des risques professionnels.
Pourquoi la situation de la DACO mérite-t-elle une attention particulière ?
Les centres de service de la DACO interviennent dans des activités directement liées au fonctionnement quotidien d’Adecco.
Lorsque la charge de travail augmente, que les délais s’allongent ou que les équipes rencontrent des difficultés pour absorber les sollicitations, les conséquences peuvent dépasser les seuls services concernés.
Les agences, les collaborateurs permanents mais également, indirectement, les salariés intérimaires peuvent être concernés lorsque des opérations administratives ou de paie nécessitent des traitements rapides et fiables.
La question des conditions de travail dans ces services ne peut donc pas être dissociée de celle de la qualité du service rendu à l’ensemble du réseau.
Des alertes inscrites à l’ordre du jour du CSEC
Lors du CSEC du 8 septembre 2026, les élus ont souhaité interroger la Direction sur les alertes remontant des centres de service.
L’ordre du jour mentionnait notamment :
- la surcharge de travail ;
- la dégradation des conditions de travail ;
- les tensions au sein des équipes ;
- les difficultés rencontrées pour maintenir la qualité de service ;
- la multiplication des sollicitations adressées aux salariés.
Les élus ont également demandé à la Direction si elle partageait ce constat et, dans l’affirmative, quelles mesures concrètes et quel calendrier elle envisageait pour améliorer durablement la situation.
Important : à ce stade, nous présentons les questions et préoccupations portées au CSEC. Les réponses précises apportées par la Direction pourront compléter cet article lorsqu’elles auront été formalisées.
Des délais de traitement également interrogés
La situation de la DACO ne concerne pas uniquement la charge ressentie par les équipes.
Les élus ont également interrogé la Direction sur certains délais de traitement, notamment concernant des saisies administratives confiées à Akkodis.
Dans les éléments portés au CSEC, des délais particulièrement longs ont été signalés entre la transmission de certaines saisies et leur traitement effectif.
Ces situations peuvent devenir problématiques lorsqu’elles interviennent à proximité des clôtures de paie et qu’elles sont susceptibles d’avoir des conséquences sur le traitement de dossiers individuels ou le calcul de certains acomptes.
La CFTC souhaite donc disposer d’une vision claire de l’organisation mise en place, des moyens humains affectés à ces tâches et des éventuels plans d’action destinés à réduire les délais.
Externalisation : l’organisation doit rester maîtrisée
Les transformations actuelles d’Adecco conduisent également à s’interroger sur l’organisation de certaines activités et sur le recours à des prestataires externes.
Pour la CFTC, l’externalisation ou la réorganisation d’une activité ne constitue pas, à elle seule, un problème.
En revanche, elle doit être accompagnée d’un pilotage suffisamment solide pour éviter que les difficultés de traitement ne soient finalement reportées sur les équipes internes, les agences ou les salariés.
Les questions à examiner sont donc très concrètes :
- les effectifs sont-ils adaptés au volume réel d’activité ?
- les délais de traitement sont-ils compatibles avec les contraintes opérationnelles ?
- les salariés disposent-ils des outils et des informations nécessaires ?
- les responsabilités entre équipes internes et prestataires sont-elles suffisamment claires ?
- les difficultés rencontrées donnent-elles lieu à un suivi et à des actions correctrices ?
Charge de travail : une question de santé au travail
Une surcharge durable ne constitue pas seulement un problème d’organisation.
Le Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Ces mesures doivent notamment comprendre des actions de prévention, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.
L’évaluation des risques professionnels doit également intégrer l’organisation du travail.
Lorsque les difficultés deviennent durables, la prévention doit donc porter sur leurs causes : charge réelle, effectifs, objectifs, organisation, outils disponibles, répartition des tâches et capacité des équipes à absorber les périodes de forte activité.
Risques psychosociaux : prévenir plutôt que réparer
Une charge excessive, des délais difficiles à tenir ou une organisation insuffisamment adaptée peuvent devenir des facteurs de risques psychosociaux lorsqu’ils s’installent dans la durée. La prévention doit donc agir sur l’organisation du travail et pas uniquement sur les conséquences individuelles.
Ce que demande la CFTC Adecco
Pour la CFTC, la première étape consiste à disposer d’éléments objectifs permettant de mesurer la situation réelle des équipes.
Nous demandons notamment :
- une évaluation précise de la charge de travail réelle dans les centres concernés ;
- une analyse de l’adéquation entre les effectifs disponibles et le volume d’activité ;
- des indicateurs permettant de suivre les délais de traitement et les difficultés récurrentes ;
- une meilleure visibilité sur l’organisation entre Adecco et les prestataires externes ;
- des mesures concrètes lorsque des difficultés durables sont identifiées ;
- un suivi dans le temps permettant d’évaluer l’efficacité des actions engagées.
Le dialogue avec les salariés concernés est également essentiel. Ceux qui réalisent quotidiennement ces activités sont souvent les mieux placés pour identifier les dysfonctionnements et proposer des pistes d’amélioration.
Transformer l’organisation sans dégrader les conditions de travail
Adecco connaît actuellement plusieurs transformations : évolution des organisations, développement de nouveaux outils, répartition différente de certaines activités et recours accru à de nouveaux modes de fonctionnement.
Ces évolutions peuvent répondre à des nécessités économiques ou organisationnelles. Mais elles doivent rester compatibles avec la santé des salariés, la qualité du travail et la continuité du service.
La position de la CFTC Adecco
La CFTC continuera à suivre la situation de la DACO et les conséquences des évolutions d’organisation sur les salariés.
Moderniser et transformer l’entreprise ne peut fonctionner durablement que si les moyens, la charge de travail et les conditions de travail évoluent de manière cohérente.
Sources
Adecco France : ordre du jour du Comité social et économique central du 8 septembre 2026 – questions relatives à la DACO.
Code du travail : articles L.4121-1 à L.4121-3 relatifs aux obligations de l’employeur en matière de santé, sécurité et prévention des risques professionnels.
Ministère du Travail : prévention des risques psychosociaux et organisation du travail.
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