Travail assis : risques pour la santé et prévention

Travail assis : rester plusieurs heures sans bouger présente-t-il des risques pour la santé ?

Une journée devant un écran, des réunions qui s’enchaînent, de longues heures au volant ou au téléphone… Le travail assis paraît souvent moins pénible qu’un métier physiquement exigeant. Pourtant, lorsqu’elle se prolonge avec très peu de mouvement, la position assise peut devenir un facteur de risque professionnel.

À l’occasion de la journée technique organisée par l’INRS le 13 octobre 2026, notre Zoom Actualités Sociales revient sur ce que l’on sait des postures sédentaires, leurs effets possibles sur la santé et les solutions pour agir concrètement dans l’entreprise.

À retenir
Rester assis longtemps au travail avec une dépense énergétique très faible n’est pas sans risque. Pour l’INRS, la prévention vise idéalement à interrompre les postures sédentaires toutes les 30 minutes et à en limiter la durée cumulée à moins de cinq heures par jour. Ces repères sont des recommandations de prévention, pas des limites légales. L’organisation du travail doit permettre aux salariés de bouger réellement.

Posture sédentaire : de quoi parle-t-on exactement ?

Au travail, une posture sédentaire correspond principalement à une position assise, prolongée et associée à une très faible dépense d’énergie. Elle concerne les employés de bureau, les agents administratifs, les téléconseillers, mais également certains conducteurs ou opérateurs dont l’activité nécessite de rester longtemps assis.

Il faut distinguer posture sédentaire et inactivité physique. Une personne peut faire du sport plusieurs fois par semaine tout en passant une grande partie de ses journées professionnelles immobile, devant un écran. Les deux situations ne se confondent pas.

Quels sont les effets possibles sur la santé ?

L’INRS associe l’exposition répétée et prolongée aux postures sédentaires à une augmentation de plusieurs risques pour la santé :

  • maladies cardiovasculaires et troubles métaboliques, dont le diabète de type 2 ;
  • surpoids ou obésité ;
  • certaines formes de cancer ;
  • troubles musculosquelettiques, notamment des douleurs du bas du dos ;
  • effets possibles sur la santé mentale et le bien-être.

Ces résultats décrivent des risques à l’échelle des populations exposées : rester assis une journée ne signifie pas qu’une personne développera nécessairement l’une de ces maladies. La durée, la répétition des expositions et les autres facteurs de santé comptent également.

Faire du sport après le travail suffit-il ?

Marcher, courir, nager ou pratiquer une activité sportive reste bénéfique. Toutefois, cela ne remplace pas la réduction du temps passé assis pendant la journée de travail. L’INRS souligne qu’une activité physique de loisir, même régulière, ne compense pas entièrement les effets défavorables des postures sédentaires professionnelles.

Autrement dit, organiser une séance de sport facultative le midi ne dispense pas l’entreprise de réfléchir aux réunions, aux outils, aux tâches et aux postes qui imposent plusieurs heures consécutives d’immobilité.

Trente minutes et cinq heures : deux repères à connaître

Pour prévenir ces risques, l’INRS recommande idéalement :

  • de rompre la posture sédentaire environ toutes les 30 minutes, par exemple en se levant et en effectuant un déplacement ;
  • de limiter le temps cumulé en posture sédentaire à moins de cinq heures par jour, lorsque l’organisation et l’activité le permettent.

Il ne s’agit ni d’un droit automatique à une pause de 30 minutes, ni d’une durée maximale de travail assis fixée par le Code du travail. Ce sont des objectifs de prévention, à adapter à la réalité des métiers et des postes.

Il ne faudrait pas non plus remplacer une position assise prolongée par une station debout immobile toute la journée : l’objectif est de varier les postures et de favoriser le mouvement.

Bon réflexe CFTC : lorsqu’une tâche le permet, pensez à alterner les activités : aller échanger directement avec un collègue, se lever lors d’un appel, marcher quelques instants entre deux réunions ou prévoir une activité nécessitant un déplacement. Si votre organisation ne le permet jamais, c’est un sujet à remonter collectivement.

L’employeur a-t-il une obligation de prévention ?

Oui. Les articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail imposent à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des travailleurs et d’organiser la prévention des risques professionnels. Cela comprend notamment l’adaptation du travail à l’être humain, la conception des postes et la prise en compte de l’organisation du travail.

L’article L.4121-3 prévoit l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité. Lorsqu’elles existent dans l’activité, les expositions aux postures sédentaires doivent donc pouvoir être identifiées et prises en compte dans la démarche de prévention, notamment dans l’évaluation des risques professionnels.

Il ne suffit pas de conseiller individuellement aux salariés de « bouger davantage » si leurs tâches, leur charge de travail ou leurs équipements ne leur permettent pas de le faire.

Quels changements concrets dans l’organisation du travail ?

Selon le poste, différentes mesures peuvent être étudiées avec les salariés, leurs représentants et les acteurs de la prévention :

  • alterner les tâches réalisées assis et celles nécessitant des déplacements ;
  • concevoir des réunions moins longues, avec des possibilités de mouvement ;
  • prévoir des espaces et des équipements adaptés, sans imposer une posture unique ;
  • réexaminer les rythmes de travail et les objectifs qui empêchent de se lever ;
  • tenir compte du travail à domicile et des déplacements professionnels ;
  • associer les représentants du personnel, le service de prévention et de santé au travail et, si nécessaire, des spécialistes de l’ergonomie.

Point de vigilance CFTC
Un bureau réglable en hauteur ou une campagne de sensibilisation peuvent être utiles, mais ne suffisent pas à eux seuls. La prévention doit d’abord s’intéresser aux situations réelles de travail : enchaînement des tâches, temps assis imposé, autonomie pour se déplacer et charge de travail.

Que faire si votre travail vous impose de rester assis toute la journée ?

Commencez par observer votre activité : combien de temps restez-vous assis sans interruption ? Quels moments vous permettraient de changer de posture ? Quels obstacles vous en empêchent ?

Vous pouvez ensuite en parler avec votre responsable, les élus du CSE ou les membres de la CSSCT lorsqu’elle existe. Si des douleurs ou difficultés de santé apparaissent ou persistent, le service de prévention et de santé au travail peut également être sollicité pour examiner le poste et conseiller sur les aménagements adaptés.

La prévention est d’autant plus efficace qu’elle est construite avec les salariés et qu’elle ne se réduit pas à une série de recommandations individuelles.

Ce qu’il faut retenir

  • Un travail « sans effort physique » n’est pas nécessairement sans risque.
  • La posture sédentaire et le manque d’activité sportive sont deux sujets distincts.
  • Les repères INRS des 30 minutes et des cinq heures sont des recommandations, non des seuils juridiques.
  • La prévention passe principalement par la variation des postures, le mouvement et l’organisation du travail.
  • Les salariés et leurs représentants doivent pouvoir participer à la recherche de solutions réalistes.

La position CFTC

Pour la CFTC, la prévention des postures sédentaires doit s’inscrire dans une démarche collective de santé au travail. Les salariés ont un rôle à jouer, mais ils ne peuvent pas porter seuls la responsabilité de leur exposition. L’entreprise doit organiser les activités et les moyens de travail afin de rendre possibles des changements réguliers de posture, sans reporter sur les salariés une charge supplémentaire ou des objectifs incompatibles avec la prévention. Le dialogue social est essentiel pour trouver des solutions adaptées à chaque métier.

Sources et vérification

Les effets sanitaires sont présentés à partir des données scientifiques synthétisées par l’INRS. Les repères de prévention ne constituent pas des obligations chiffrées prévues par la loi.

Retrouvez chaque lundi votre Zoom CFTC Adecco, un éclairage syndical sur l’actualité sociale.

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