IA chez Adecco : quels impacts sur les métiers et les salariés ?

Intelligence artificielle : quels changements pour les métiers chez Adecco ?

Tri des candidatures, rédaction d’offres d’emploi, gestion administrative, relation avec les clients et les intérimaires : l’intelligence artificielle pourrait transformer de nombreuses tâches dans les agences d’emploi.

Pour les salariés permanents d’Adecco, ces évolutions posent des questions très concrètes : comment les métiers vont-ils évoluer ? Quelles compétences faudra-t-il développer ? Et quelle place restera-t-il à l’expérience et à la relation humaine ?

Les salariés intérimaires sont également concernés. Les outils numériques peuvent intervenir dans la recherche de candidats, leur sélection, leur orientation vers une mission ou leur accompagnement.

Alors qu’une étude interbranches sur les conséquences de l’intelligence artificielle est en préparation avec AKTO, la CFTC Adecco souhaite rappeler un principe essentiel : la technologie doit rester au service des salariés, et non l’inverse.

À retenir

  • L’intelligence artificielle peut faciliter certaines tâches dans les agences d’emploi.
  • Son développement soulève des questions sur les métiers, les compétences, la charge de travail et la qualité du recrutement.
  • Les salariés intérimaires sont également concernés par les outils utilisés pour traiter les candidatures et proposer des missions.
  • Une étude interbranches accompagnée par AKTO doit permettre de mieux comprendre ces transformations.
  • La CFTC Adecco défend une utilisation transparente des outils, une formation adaptée et le maintien d’une véritable intervention humaine.

L’intelligence artificielle arrive dans les métiers du travail temporaire

Dans une agence d’emploi, une grande partie de l’activité repose sur le traitement d’informations : candidatures, compétences, offres d’emploi, besoins des clients, contrats, relevés d’heures et documents administratifs.

Les outils d’intelligence artificielle peuvent contribuer à automatiser certaines opérations ou à assister les salariés dans leur travail.

Quelques exemples :

  • faciliter la lecture et le classement des CV ;
  • aider à rédiger une offre d’emploi ;
  • rapprocher les compétences d’un candidat des besoins d’une entreprise ;
  • préparer des courriels ou des synthèses ;
  • faciliter certains contrôles administratifs ;
  • répondre à des questions simples à l’aide d’un assistant numérique.

Ces exemples illustrent les possibilités offertes par l’IA dans le secteur. Ils ne signifient pas que tous ces outils sont déjà utilisés chez Adecco, ni qu’une automatisation complète de ces tâches a été décidée.

La question n’est donc pas seulement de savoir ce que l’IA peut faire, mais ce qu’il est pertinent de lui confier.

Pour les permanents Adecco : des métiers qui peuvent évoluer

Chargés de recrutement, responsables d’agence, gestionnaires, équipes commerciales et fonctions support pourraient voir certaines de leurs tâches évoluer avec le développement de l’intelligence artificielle.

Si un outil permet de réduire le temps consacré à une opération répétitive, ce temps pourrait être réinvesti dans des activités à plus forte valeur humaine : les échanges avec les candidats, l’accompagnement des intérimaires ou le conseil aux entreprises clientes.

Mais ce résultat n’est pas automatique.

Une automatisation peut également entraîner :

  • une augmentation du nombre de dossiers à traiter ;
  • de nouvelles tâches de vérification ;
  • des objectifs de productivité plus élevés ;
  • un besoin accru de formation ;
  • une modification des responsabilités ou de l’organisation du travail.

Par exemple, un outil qui présélectionne rapidement des candidatures ne dispense pas nécessairement le recruteur de vérifier les compétences, d’échanger avec les personnes et de comprendre les besoins du client.

Pour la CFTC Adecco, les gains de temps annoncés doivent donc être appréciés au regard du travail réellement effectué par les équipes.

Et pour les salariés intérimaires, qu’est-ce que cela peut changer ?

Lorsqu’un intérimaire recherche une mission, il souhaite avant tout que ses compétences soient reconnues et que sa candidature soit examinée équitablement.

Les outils numériques peuvent faciliter le rapprochement entre les profils disponibles et les besoins des entreprises.

Mais ils ne doivent pas conduire à écarter injustement certaines candidatures.

Un parcours professionnel atypique, une période d’inactivité, une reconversion ou une expérience acquise sur le terrain ne sont pas toujours faciles à résumer dans un CV.

Ces situations montrent l’importance de conserver un échange avec un professionnel du recrutement capable de comprendre le parcours d’une personne au-delà des seules informations enregistrées dans un logiciel.

L’expérience, les compétences réelles, la motivation et les possibilités d’évolution ne doivent pas être réduites à un simple classement informatique.

Point de vigilance CFTC Adecco

Lorsqu’un outil intervient dans la sélection des candidatures, il est essentiel de connaître son rôle réel : aide au recrutement, classement des profils ou décision automatisée. Les règles applicables ne sont pas identiques selon le fonctionnement du dispositif.

Recrutement : pourquoi l’intervention humaine reste essentielle

Le recours à des outils informatiques pour aider au recrutement n’est pas interdit en soi.

En revanche, le traitement des données personnelles et les décisions concernant les candidats doivent respecter des garanties légales.

La CNIL rappelle notamment que les décisions entièrement automatisées produisant des effets juridiques ou affectant significativement une personne sont, par principe, interdites, sauf exceptions encadrées par le règlement général sur la protection des données (RGPD).

Lorsque ces exceptions s’appliquent, des garanties particulières doivent être prévues, notamment la possibilité de contester certaines décisions et d’obtenir une intervention humaine.

Il ne suffit donc pas qu’un logiciel soit performant pour considérer que toutes ses recommandations doivent être suivies sans vérification.

Pour la CFTC Adecco, le recrutement doit rester fondé sur des critères professionnels objectifs, pertinents et non discriminatoires.

La technologie peut apporter une aide. Elle ne doit pas effacer la responsabilité des personnes qui interviennent dans le processus de recrutement.

Une étude interbranches pour mieux comprendre les conséquences de l’IA

Les partenaires de plusieurs branches professionnelles, avec l’appui d’AKTO, travaillent actuellement sur une étude consacrée aux conséquences de l’intelligence artificielle sur les métiers et les compétences.

Le secteur du travail temporaire fait partie des activités concernées par cette démarche.

L’objectif est notamment de mieux comprendre les usages de l’intelligence artificielle, leurs conséquences possibles sur les activités professionnelles et les besoins d’accompagnement des salariés.

Cette réflexion doit permettre d’alimenter les travaux futurs sur la formation et l’évolution des compétences.

À ce stade, cette étude est en préparation et ne constitue pas l’annonce de nouvelles mesures applicables chez Adecco.

La CFTC Adecco suivra son évolution avec attention, particulièrement sur les questions de formation, de conditions de travail et de maintien des compétences.

La formation : un enjeu majeur pour les salariés

L’arrivée de nouveaux outils ne doit pas laisser les salariés seuls face à des pratiques professionnelles qu’ils ne maîtrisent pas encore.

Une formation utile ne consiste pas uniquement à apprendre à utiliser un logiciel.

Elle doit également permettre de :

  • comprendre les possibilités et les limites de l’outil ;
  • apprendre à vérifier les résultats proposés ;
  • identifier les erreurs ou les informations inexactes ;
  • protéger les données personnelles et professionnelles ;
  • prévenir les risques de discrimination ;
  • maintenir les connaissances et les savoir-faire du métier.

Ce dernier point est particulièrement important pour les nouveaux collaborateurs.

Si certaines tâches traditionnellement confiées aux débutants deviennent automatisées, il faudra veiller à ce qu’ils puissent continuer à acquérir les compétences nécessaires à leur progression professionnelle.

Pour la CFTC Adecco, apprendre à utiliser l’IA ne doit pas conduire à désapprendre son métier.

Quel rôle pour les représentants du personnel ?

Le Code du travail prévoit l’information et la consultation du CSE sur les questions relevant de ses attributions, notamment l’introduction de nouvelles technologies et les aménagements importants susceptibles de modifier les conditions de travail.

Ces prérogatives doivent être exercées selon le cadre légal applicable et les compétences des différentes instances.

Pour la CFTC Adecco, plusieurs questions méritent une attention particulière :

  • Quels outils sont déployés et dans quels services ?
  • Quelles tâches sont modifiées ou automatisées ?
  • Quel accompagnement est proposé aux salariés ?
  • Quels effets sont attendus sur la charge de travail ?
  • Comment les risques d’erreurs et de discrimination sont-ils maîtrisés ?
  • Quelle place reste-t-il à l’appréciation humaine ?
  • Comment les compétences des salariés sont-elles préservées ?

L’objectif est d’anticiper les difficultés plutôt que de les découvrir une fois les outils installés et les organisations modifiées.

La position CFTC Adecco

La CFTC Adecco n’est pas opposée à l’évolution des technologies. Des outils bien conçus et correctement utilisés peuvent faciliter le travail et améliorer certains services.

Mais leur intérêt doit être apprécié à partir de leurs effets concrets sur les salariés, les conditions de travail et la qualité de l’accompagnement proposé aux candidats et aux intérimaires.

La position CFTC

L’intelligence artificielle peut être un outil utile pour les salariés Adecco, à condition qu’elle soit déployée avec transparence et accompagnement.

La CFTC Adecco défend une formation adaptée, une évaluation des conséquences sur les métiers et la charge de travail, ainsi que le respect des droits des candidats et des salariés intérimaires.

La technologie doit aider les professionnels à mieux exercer leur métier, sans remplacer la qualité de la relation humaine qui fait la richesse du travail temporaire.

Ce qu’il faut retenir

L’intelligence artificielle peut transformer les métiers du travail temporaire, mais ses conséquences ne sont pas écrites à l’avance.

L’enjeu sera de savoir comment les outils sont utilisés, quelles tâches évoluent et quels moyens sont consacrés à la formation et à l’accompagnement.

Pour la CFTC Adecco, l’innovation doit rester compatible avec la reconnaissance des compétences, la protection des salariés et le maintien d’une relation humaine de qualité.

Sources et vérification

Informations arrêtées au 4 novembre 2026. Les exemples de fonctionnalités présentés illustrent des usages possibles de l’intelligence artificielle dans le secteur du travail temporaire. Ils ne constituent pas une liste de déploiements confirmés chez Adecco France. Les travaux préparatoires de branche ne préjugent pas des conclusions de l’étude ni des décisions qui pourraient en découler.

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