GEPPMM chez Adecco : anticiper les parcours professionnels

L’accord GEPPMM d’Adecco France fixe un cadre pour anticiper les évolutions des métiers, accompagner les salariés et sécuriser les parcours professionnels.

Derrière ce sigle technique — gestion des emplois, des parcours professionnels et mixité des métiers — se trouve un sujet très concret : comment permettre aux salariés de ne pas subir les transformations de l’entreprise, mais d’être informés, formés, accompagnés et protégés dans leur évolution professionnelle.

À retenir
L’accord GEPPMM Adecco France repose sur une logique d’anticipation : cartographier les emplois, identifier les métiers en évolution, proposer des mesures de formation, accompagner les mobilités internes ou externes et suivre les effets de ces transformations. Pour la CFTC Adecco, cet accord peut être utile à condition que les principes essentiels soient respectés : volontariat, transparence, accompagnement réel, prévention des risques et vigilance sur la charge de travail.

GEPPMM : de quoi parle-t-on ?

La GEPPMM signifie gestion des emplois, des parcours professionnels et mixité des métiers.

Elle vise à anticiper les évolutions économiques, technologiques, organisationnelles et environnementales pouvant avoir un impact sur les emplois, les compétences et les parcours professionnels.

Chez Adecco France, l’accord GEPPMM prévoit notamment :

  • une cartographie des emplois et des compétences ;
  • une typologie des tendances d’évolution des emplois ;
  • des mesures de formation et de développement des compétences ;
  • des dispositifs de mobilité interne ;
  • des mesures renforcées pour certains emplois ;
  • un dispositif de congé de mobilité externe ;
  • un observatoire GEPPMM chargé du suivi de l’accord.

L’enjeu est donc double : accompagner les transformations de l’entreprise et sécuriser les salariés concernés.

Un accord construit autour de plusieurs principes

L’accord GEPPMM rappelle plusieurs principes structurants.

Le premier est la transparence. Les salariés doivent disposer d’une information claire sur les évolutions des emplois, les impacts possibles et les dispositifs auxquels ils peuvent accéder.

Le deuxième principe est le volontariat. L’accord souligne que les démarches individuelles de mobilité, interne ou externe, reposent sur le volontariat strict. Un salarié ne doit pas être sanctionné, déclassé ou licencié pour avoir refusé d’entrer dans une démarche volontaire de mobilité.

Le troisième principe est la sécurisation des parcours. L’objectif affiché est de permettre aux salariés de développer leur employabilité, leurs compétences et leurs perspectives professionnelles.

Point de vigilance CFTC
Le volontariat doit rester une garantie réelle. Une mobilité ne doit jamais devenir une contrainte déguisée. La CFTC Adecco restera attentive à ce que les salariés disposent d’une information complète, d’un temps de réflexion suffisant et d’un accompagnement concret avant toute décision.

Une typologie des emplois pour mieux anticiper

L’accord prévoit une classification des emplois selon leurs perspectives d’évolution.

Cette typologie est importante car elle conditionne l’accès à certaines mesures d’accompagnement. Elle permet d’identifier les métiers dont les compétences, les missions ou les effectifs peuvent évoluer dans les années à venir.

Les emplois peuvent notamment être classés dans plusieurs catégories :

  • emplois en équilibre : emplois dont les caractéristiques économiques, technologiques ou organisationnelles ne devraient pas connaître d’évolution particulière à court ou moyen terme ;
  • emplois rares : emplois pour lesquels les ressources ou compétences peuvent être difficiles à trouver ou à maintenir ;
  • emplois en émergence : emplois appelés à se développer ou à nécessiter de nouvelles compétences ;
  • emplois en transformation : emplois dont les compétences ou l’activité évoluent sous l’effet de changements technologiques, stratégiques ou organisationnels ;
  • emplois sensibles : emplois dont les perspectives peuvent conduire à une baisse d’effectifs ou à une évolution importante des activités, compétences ou conditions d’exercice.

Pour la CFTC Adecco, cette cartographie ne doit pas être un simple outil RH. Elle doit permettre aux salariés de comprendre leur situation, d’anticiper les changements et d’accéder aux mesures utiles avant que les difficultés n’apparaissent.

Formation : un levier central de sécurisation

La formation professionnelle est l’un des piliers de l’accord GEPPMM.

L’accord rappelle que les transformations des activités et des emplois nécessitent un accompagnement des salariés pour leur permettre de développer les compétences nécessaires à leur évolution.

Plusieurs outils sont prévus ou rappelés :

  • le plan de développement des compétences ;
  • les formations métiers ;
  • les formations digitales ;
  • le compte personnel de formation ;
  • la validation des acquis de l’expérience ;
  • les parcours de formation vers les emplois en transformation, rares ou émergents ;
  • l’accompagnement par les services RH et formation.

L’accord précise également que les salariés positionnés sur des emplois sensibles ou en transformation font partie des populations prioritairement éligibles aux actions de formation.

Ce que la CFTC défend
La formation doit être proposée avant que le salarié ne soit mis en difficulté. Elle doit être accessible, adaptée au métier réel, compatible avec la charge de travail et utile pour sécuriser le parcours professionnel.

CPF, VAE et formations digitales : des outils à rendre lisibles

L’accord rappelle l’existence du compte personnel de formation, qui permet au salarié de développer ses compétences et qualifications.

Il précise notamment que la mobilisation du CPF repose sur l’initiative du salarié. Lorsque la formation se déroule pendant le temps de travail, l’accord préalable de l’employeur est nécessaire. En revanche, hors temps de travail, le salarié peut mobiliser son CPF sans autorisation de l’employeur.

L’accord prévoit également un accompagnement autour de la validation des acquis de l’expérience, afin de permettre aux salariés de faire reconnaître leur expérience professionnelle.

Les formations digitales sont aussi présentées comme un levier de développement des compétences, notamment sur les compétences métiers et le développement personnel.

Pour la CFTC Adecco, ces dispositifs doivent être expliqués simplement. Trop souvent, les salariés savent qu’ils disposent de droits à formation, mais ne savent pas comment les mobiliser concrètement.

Mobilité interne : une opportunité si elle est accompagnée

L’accord GEPPMM met en avant la mobilité interne comme un outil de développement professionnel.

La mobilité peut être fonctionnelle, géographique ou liée à un changement de poste. Elle peut permettre à un salarié d’évoluer, d’élargir ses compétences ou de rejoindre un métier porteur.

Mais pour être positive, la mobilité doit être préparée. Elle suppose :

  • une information claire sur le poste proposé ;
  • une analyse des compétences nécessaires ;
  • un accompagnement RH ;
  • une formation si nécessaire ;
  • une intégration réelle dans le nouveau poste ;
  • une prise en compte des contraintes personnelles et géographiques ;
  • des garanties sur la rémunération, le statut et la classification.

Point de vigilance CFTC
La mobilité interne doit rester une mobilité choisie et sécurisée. Elle ne doit pas être utilisée pour déplacer les difficultés d’un service à un autre, ni pour faire porter aux salariés les conséquences de réorganisations insuffisamment anticipées.

Des mesures renforcées selon les catégories d’emplois

L’accord prévoit des mesures spécifiques selon la situation des emplois.

Pour les emplois en transformation, l’accord prévoit notamment des parcours de formation, le tutorat et une priorité en cas de candidature interne.

Pour les emplois rares, il prévoit des parcours de formation, des actions de communication, des dispositifs de type “vis ma vie”, du travail nomade et des mesures destinées à renforcer l’attractivité de ces emplois.

Pour les emplois en émergence, l’accord prévoit des parcours de formation, du tutorat, des actions de communication, des “vis ma vie” et, selon les situations, du travail nomade transitoire.

Ces mesures peuvent être utiles si elles permettent réellement d’ouvrir des perspectives. Elles doivent toutefois être connues, accessibles et suivies.

Emplois sensibles : un accompagnement à surveiller de près

Les emplois sensibles nécessitent une vigilance particulière.

Selon l’accord, il s’agit d’emplois dont les perspectives économiques, stratégiques, organisationnelles ou technologiques peuvent entraîner une baisse des effectifs ou une évolution importante des activités principales et des compétences requises.

L’accord prévoit un dispositif d’accompagnement pour les salariés concernés, avec notamment :

  • une information sur la catégorisation de l’emploi ;
  • un accompagnement RH ;
  • des fiches synthétiques ;
  • une adresse email dédiée ;
  • une FAQ ;
  • une ligne d’écoute pour le suivi psychologique et social ;
  • des entretiens avec le référent RH ;
  • des mesures renforcées pour accompagner les mobilités internes.

L’accord prévoit également que, pour le bon suivi du salarié occupant un emploi sensible, plusieurs entretiens avec le référent RH peuvent intervenir depuis l’information du salarié jusqu’à plusieurs mois après une mobilité interne.

Pour la CFTC Adecco, ce point est essentiel : un emploi sensible ne doit pas seulement déclencher un dispositif administratif. Il doit déclencher un accompagnement humain, clair et individualisé.

Point de vigilance CFTC
Lorsqu’un emploi est qualifié de sensible, les salariés doivent être informés avec pédagogie, accompagnés individuellement et protégés contre les effets d’incertitude, de stress ou de surcharge. La CFTC Adecco sera attentive au respect du volontariat, à la qualité de l’accompagnement et à l’impact sur les équipes restantes.

Congé de mobilité externe : un dispositif à manier avec prudence

L’accord prévoit aussi un dispositif de congé de mobilité externe.

Ce dispositif peut permettre à certains salariés de construire un projet professionnel externe à l’entreprise, dans un cadre organisé.

Mais il doit rester encadré, volontaire et sécurisé. Pour la CFTC Adecco, aucun salarié ne doit être orienté vers une sortie externe sans disposer d’informations complètes, de garanties et d’un réel accompagnement.

Un départ externe ne doit jamais être présenté comme une évidence ou comme la seule solution possible. Il doit correspondre à un projet du salarié, clairement identifié, préparé et suivi.

L’Observatoire GEPPMM : un outil de suivi essentiel

L’accord prévoit la mise en place d’un Observatoire GEPPMM.

Cet observatoire doit suivre l’application de l’accord, analyser les grandes orientations, examiner le diagnostic prospectif et suivre les données emploi liées à la GEPPMM.

Il doit notamment porter une attention particulière aux emplois sensibles ou en transformation.

L’observatoire doit se réunir régulièrement et permettre un suivi dans la durée. Il ne doit pas être un simple lieu de présentation descendante. Il doit permettre un vrai dialogue social sur les effets concrets des transformations.

Les indicateurs prévus en annexe de l’accord peuvent notamment porter sur :

  • le nombre de VAE ou d’abondements CPF ;
  • le nombre d’entretiens professionnels ;
  • le nombre de tutorats ;
  • le nombre de “vis ma vie” ;
  • le nombre d’heures de formation par collaborateur ;
  • le nombre de salariés positionnés sur un emploi sensible ou en transformation ;
  • le nombre de salariés en emploi sensible ayant mis en œuvre un congé de mobilité externe.

Pour la CFTC Adecco, ces indicateurs doivent être partagés, compréhensibles et suivis dans le temps.

Intelligence artificielle, digitalisation et transformations : ne pas subir

Les métiers d’Adecco évoluent sous l’effet de nombreux facteurs : outils numériques, automatisation, intelligence artificielle, nouvelles organisations, évolution de la relation client, évolution des besoins des intérimaires et transformation des process internes.

Ces évolutions peuvent créer des opportunités. Elles peuvent aussi générer des risques : perte de repères, intensification du travail, sentiment de déqualification, surcharge, difficulté à se former ou inquiétude sur l’avenir du poste.

La GEPPMM doit donc permettre d’anticiper ces impacts.

Pour la CFTC Adecco, une transformation numérique réussie suppose :

  • une information claire des salariés ;
  • une formation avant la mise en œuvre des nouveaux outils ;
  • une analyse des effets sur la charge de travail ;
  • une vigilance sur les emplois sensibles ;
  • une attention à la qualité du travail ;
  • un suivi des risques psychosociaux ;
  • un dialogue social réel sur les impacts humains.

Charge de travail : un point central de vigilance

L’accord GEPPMM vise à accompagner les parcours professionnels. Mais toute transformation peut aussi avoir un impact sur ceux qui restent dans les équipes.

Lorsque des mobilités internes, externes ou des évolutions de poste sont encouragées, il faut regarder les conséquences sur l’organisation collective du travail.

La CFTC Adecco sera particulièrement vigilante sur :

  • la charge de travail des salariés restant dans les services ;
  • la répartition des missions ;
  • la continuité du service ;
  • les délais de formation ;
  • les effets des vacances de poste ;
  • le risque d’intensification du travail ;
  • les tensions liées aux nouveaux outils ou nouvelles organisations.

Un accord de sécurisation des parcours ne doit pas créer, indirectement, une surcharge pour les collectifs de travail.

Ce que la CFTC Adecco demande

Pour la CFTC Adecco, la GEPPMM doit rester un outil utile, concret et suivi.

Nos priorités sont claires :

  • respecter strictement le volontariat ;
  • garantir une information claire et accessible aux salariés ;
  • prévenir toute mobilité subie ;
  • proposer des formations réellement adaptées ;
  • sécuriser les mobilités internes ;
  • encadrer avec prudence les mobilités externes ;
  • prévenir les risques psychosociaux liés aux transformations ;
  • suivre les impacts sur la charge de travail ;
  • maintenir les compétences dans les équipes ;
  • faire de l’Observatoire GEPPMM un vrai outil de suivi social.

Position CFTC Adecco
La GEPPMM peut être un outil utile pour anticiper les transformations et sécuriser les parcours professionnels. Mais elle ne doit pas devenir un accompagnement passif des réorganisations. Pour la CFTC Adecco, trois garanties doivent rester centrales : volontariat, accompagnement réel et vigilance sur la charge de travail.

Ce que les salariés peuvent faire

Chaque salarié peut utiliser la GEPPMM comme un point d’appui pour réfléchir à son parcours professionnel.

Quelques réflexes utiles :

  • demander des informations sur l’évolution de son emploi ;
  • identifier les compétences à renforcer ;
  • solliciter un entretien professionnel ;
  • se renseigner sur les formations disponibles ;
  • vérifier les dispositifs CPF, VAE ou mobilité ;
  • demander des précisions en cas de changement d’organisation ;
  • alerter en cas de surcharge ou de difficulté d’adaptation ;
  • se rapprocher des représentants CFTC en cas de doute.

La GEPPMM ne doit pas rester un document RH éloigné du terrain. Elle doit permettre à chaque salarié de mieux comprendre les évolutions et de sécuriser son parcours.

Un sujet à suivre dans la durée

L’accord GEPPMM est conclu pour une durée déterminée et prévoit un suivi dans le temps.

Pour la CFTC Adecco, ce suivi sera déterminant. L’enjeu n’est pas seulement de savoir quelles mesures existent sur le papier, mais de vérifier si elles sont réellement utilisées, accessibles et efficaces.

La CFTC Adecco suivra notamment :

  • les emplois classés sensibles ou en transformation ;
  • les formations proposées et suivies ;
  • les mobilités internes réalisées ;
  • les mobilités externes engagées ;
  • les situations de salariés fragilisés ;
  • les effets sur les collectifs de travail ;
  • les impacts liés aux outils numériques et à l’intelligence artificielle ;
  • les remontées terrain sur la charge de travail.

En conclusion

La GEPPMM est un sujet stratégique pour Adecco France.

Bien utilisée, elle peut permettre d’anticiper les transformations, de développer les compétences, de sécuriser les mobilités et de donner aux salariés de vraies perspectives.

Mais elle doit rester un outil au service des salariés, et non une simple procédure d’accompagnement des évolutions décidées par l’entreprise.

Pour la CFTC Adecco, la ligne est claire : les salariés doivent être informés, accompagnés, formés et protégés. Les transformations doivent être anticipées, discutées et suivies dans la durée.

Anticiper les parcours, c’est aussi respecter le travail réel.


Sources et vérification

Article rédigé dans une approche pédagogique et syndicale. Les éléments présentés doivent être lus comme une information générale destinée aux salariés, sans se substituer à l’analyse individuelle d’une situation particulière.

La suite de cet article est réservée aux abonnés.

Se connecter ou Créer un compte pour lire la suite.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.