TSC chez Adecco : comprendre ce qui change pour les équipes

La mise en place de la TSC chez Adecco s’inscrit dans une évolution plus large de l’organisation du travail.

Pour de nombreux salariés, le sujet peut sembler technique ou éloigné du quotidien. Pourtant, il touche à des questions très concrètes : qui traite les commandes ? Qui suit les clients ? Quelles missions restent en agence ? Quelles activités sont centralisées ? Quels impacts sur la charge de travail, les objectifs, la formation et la qualité du service ?

À retenir
La TSC correspond à une organisation plus centralisée de certaines activités. Elle peut modifier la répartition du travail entre les agences, les équipes dédiées et les fonctions support. La CFTC ne refuse pas la transformation, mais demande trois garanties simples : transparence, moyens et objectifs adaptés.

Pourquoi parler de la TSC ?

Parce qu’une transformation d’organisation n’est jamais neutre pour les salariés.

Lorsqu’une activité change de circuit, lorsqu’un compte est suivi autrement, lorsqu’une tâche est centralisée ou lorsqu’une équipe voit ses missions évoluer, cela peut avoir des conséquences sur le travail réel : charge, délais, priorités, outils, formation, objectifs et relations avec les clients ou les intérimaires.

Pour la CFTC Adecco, la question n’est pas de s’opposer par principe à toute évolution. La question est de savoir si cette évolution est claire, accompagnée, correctement dimensionnée et suivie dans ses effets concrets.

TSC : de quoi parle-t-on concrètement ?

Chez Adecco, la TSC désigne ici la Talent Supply Charge. Il s’agit d’une organisation centralisée destinée à prendre en charge certaines activités liées aux clients, aux commandes, au sourcing, au recrutement ou à l’administratif.

Dit simplement, la TSC vise à regrouper certains flux de travail dans une équipe ou une plateforme dédiée, afin de les traiter de manière plus homogène, plus spécialisée ou plus efficace.

Sur le principe, une organisation centralisée peut avoir du sens si elle permet de mieux répartir le travail, d’aider les agences ou de sécuriser certains process.

Mais dans la réalité, tout dépend de la manière dont cette organisation est construite.

Une TSC mal expliquée, mal dimensionnée ou insuffisamment accompagnée peut créer de la confusion : les salariés ne savent plus clairement qui fait quoi, les agences perdent de la visibilité, les objectifs restent inchangés malgré l’évolution du périmètre, et les équipes dédiées peuvent se retrouver en surcharge.

Avant / après : ce qui peut changer

Pour comprendre le sujet, il faut partir de l’organisation habituelle en agence.

Avant, une agence pouvait gérer directement une grande partie de la relation client, de la prise de commande, du sourcing, du recrutement, du suivi des intérimaires, de certaines démarches administratives et du pilotage de l’activité commerciale.

Avec la TSC, certaines activités peuvent être centralisées, transférées ou partagées avec une équipe dédiée. Le travail ne disparaît pas : il est réparti autrement.

Avant Avec la TSC Point de vigilance CFTC
L’agence traite directement une partie importante de l’activité client. Certains flux ou certaines activités peuvent être pris en charge par une organisation centralisée. Il faut mesurer l’impact sur l’activité, les objectifs et le rôle réel de l’agence.
Les interlocuteurs sont souvent identifiés localement. Les circuits peuvent être partagés entre agence, TSC et autres services. Les salariés, clients et intérimaires doivent savoir clairement qui fait quoi.
Les priorités sont pilotées au plus près du terrain. Les priorités peuvent être traitées via des process plus centralisés. La proximité terrain ne doit pas être perdue.
Les salariés connaissent leur périmètre habituel. Les missions peuvent évoluer, se spécialiser ou s’élargir. Toute évolution doit être accompagnée par de la formation, du temps et des moyens.

Quelles activités peuvent être concernées ?

Selon les organisations retenues, la TSC peut intervenir sur plusieurs activités utiles au fonctionnement quotidien d’Adecco.

Les sujets concernés peuvent notamment porter sur :

  • la relation avec certains clients ;
  • la gestion de commandes ;
  • le sourcing de candidats ;
  • le recrutement ;
  • le suivi de certains flux administratifs ;
  • les pièces justificatives ;
  • les visites médicales ;
  • certains sujets de sécurité ;
  • la création de commandes ou de contrats ;
  • des relances ou actions de support ;
  • l’articulation avec les agences ou d’autres services.

Ces activités demandent de la rigueur, de la connaissance métier, des outils fiables, une bonne coordination et une capacité à traiter les situations particulières.

Point de vigilance CFTC
Centraliser une activité ne suffit pas à la simplifier. Si les rôles ne sont pas clairs, si les outils ne suivent pas ou si les effectifs sont insuffisants, la transformation peut créer davantage de complexité pour les salariés, les agences, les clients et les intérimaires.

Qui peut être concerné ?

La TSC peut concerner plusieurs catégories de salariés ou d’équipes.

  • les salariés directement rattachés à une activité TSC ;
  • les salariés en agence dont certaines missions évoluent ;
  • les managers chargés de piloter de nouveaux circuits de travail ;
  • les fonctions support impliquées dans les process ;
  • les agences dont certains flux ou comptes sont traités différemment ;
  • les intérimaires et les clients lorsque les interlocuteurs ou les circuits de traitement changent.

Pour la CFTC, cette approche est importante. Le sujet ne doit pas être regardé uniquement du point de vue de l’organisation cible. Il doit être analysé à partir du travail réel des équipes concernées.

Ce que les salariés doivent comprendre

Une transformation réussie suppose une information claire.

Les salariés doivent pouvoir comprendre :

  • ce qu’est la TSC ;
  • ce qui change concrètement ;
  • quelles activités restent en agence ;
  • quelles activités sont centralisées ou partagées ;
  • qui décide des priorités ;
  • qui répond aux clients ;
  • qui suit les intérimaires ;
  • quels outils doivent être utilisés ;
  • quelles formations sont prévues ;
  • quels objectifs sont attendus ;
  • comment les difficultés peuvent être remontées.

Sans cette clarté, la TSC risque d’être vécue comme une transformation subie plutôt que comme une organisation maîtrisée.

Les risques identifiés par la CFTC

La CFTC identifie plusieurs risques qui doivent être pris au sérieux.

Le premier risque est celui de la surcharge. Lorsqu’une équipe reçoit de nouvelles tâches, de nouveaux flux ou de nouvelles priorités, il faut vérifier que les effectifs, le temps disponible et les outils sont suffisants.

Le deuxième risque concerne les objectifs. Si une agence perd une partie de son activité ou si son périmètre évolue, ses objectifs doivent être réexaminés. On ne peut pas modifier les flux de travail sans regarder les conséquences sur les résultats attendus.

Le troisième risque concerne la formation. Les salariés ne doivent pas être placés face à de nouveaux process, de nouveaux outils ou de nouvelles responsabilités sans accompagnement réel.

Le quatrième risque concerne la qualité du service. Le travail temporaire repose sur la réactivité, la connaissance du terrain, la relation client et le suivi des intérimaires. Une organisation plus centralisée ne doit pas casser ce lien de proximité.

Un enjeu particulier pour les agences

Les agences restent au cœur de l’activité d’Adecco. Elles connaissent les bassins d’emploi, les clients, les postes, les contraintes de terrain et les intérimaires.

Si certaines activités basculent vers une organisation centralisée, il faut regarder l’impact réel pour les agences concernées.

La CFTC demande notamment que soient clarifiés :

  • les activités transférées ou partagées ;
  • les volumes concernés ;
  • les conséquences sur l’activité commerciale ;
  • les conséquences sur les objectifs ;
  • les conséquences sur l’organisation quotidienne ;
  • la répartition des responsabilités entre agence et TSC ;
  • les moyens maintenus en agence ;
  • les indicateurs de suivi.

La transformation ne doit pas fragiliser les agences, rendre les objectifs moins réalistes ou éloigner les équipes du terrain.

Un enjeu particulier pour les équipes TSC

Pour les salariés directement concernés par la TSC, le sujet principal est celui des conditions de travail.

Il faut vérifier si les équipes disposent :

  • d’effectifs suffisants ;
  • d’un temps de traitement réaliste ;
  • d’outils fiables ;
  • d’une formation adaptée ;
  • d’un accompagnement managérial ;
  • de priorités claires ;
  • d’un périmètre de missions bien défini ;
  • d’une possibilité réelle de faire remonter les difficultés.

La charge de travail ne doit pas être évaluée uniquement au nombre de dossiers traités. Elle dépend aussi des interruptions, des délais, des urgences, du nombre d’interlocuteurs, des outils, des consignes et de la complexité des situations.

Conseil CFTC
Lorsqu’une nouvelle organisation se met en place, il faut suivre le travail réel : charge, délais, interruptions, formation, outils, qualité du service, difficultés rencontrées et signaux de fatigue. Ce suivi doit permettre d’ajuster l’organisation avant que les problèmes ne s’installent.

CSE : un suivi indispensable

La TSC touche à l’organisation du travail. Elle peut avoir des effets sur les conditions de travail, la formation, les outils, les objectifs, les rattachements et les périmètres d’activité.

Pour la CFTC, les CSE doivent disposer d’informations utiles, concrètes et régulières. Il ne suffit pas de présenter une transformation de manière générale. Il faut pouvoir en mesurer les effets.

Les élus doivent notamment pouvoir demander :

  • un calendrier clair ;
  • les périmètres concernés ;
  • les impacts sur les agences ;
  • les impacts sur les salariés affectés à la TSC ;
  • les moyens humains et techniques ;
  • les formations prévues ;
  • l’évolution des objectifs ;
  • les indicateurs de charge ;
  • les actions de prévention des risques professionnels ;
  • les mesures correctrices si des difficultés apparaissent.

L’objectif n’est pas de bloquer la transformation, mais de la rendre lisible, soutenable et compatible avec de bonnes conditions de travail.

Ce que la CFTC demande

La CFTC Adecco demande des garanties simples, concrètes et vérifiables.

Nos demandes sont claires :

  • une explication claire de ce qu’est la TSC et de son rôle exact ;
  • un calendrier lisible des changements ;
  • une présentation claire du “qui fait quoi” entre agence, TSC et autres services ;
  • des indicateurs de suivi par direction, zone et agence ;
  • une analyse de l’impact sur les agences concernées ;
  • une adaptation des objectifs lorsque l’activité ou le portefeuille change ;
  • des moyens suffisants pour les équipes TSC ;
  • une formation réelle avant toute montée en charge ;
  • une évaluation régulière de la charge de travail ;
  • une prévention des risques psychosociaux ;
  • une mise à jour des documents de prévention lorsque l’organisation du travail évolue ;
  • des garanties sur les rattachements, les périmètres CSE et les conditions de travail ;
  • le maintien de la proximité client, de l’expertise métier et de la qualité du service rendu.

Pour la CFTC, ces demandes ne sont pas des freins à la transformation. Elles sont les conditions pour que la transformation soit comprise, acceptée et soutenable.

Attention aux idées reçues

Il est important de ne pas caricaturer le sujet.

La TSC n’est pas nécessairement un problème en soi. Une organisation centralisée peut apporter de la méthode, du support ou de la spécialisation.

Mais elle ne doit pas être présentée comme une solution automatique. Tout dépend des moyens, de la clarté des rôles, de la qualité des outils, de la formation et de la capacité à corriger les difficultés.

Il faut également éviter de considérer que les agences n’auraient plus qu’à “s’adapter”. Lorsqu’un périmètre évolue, l’entreprise doit regarder les impacts réels sur les salariés, les objectifs, la charge et la qualité du travail.

Ce que les salariés peuvent faire

Un salarié concerné par la TSC ne doit pas rester seul face à une difficulté.

La CFTC Adecco recommande de documenter précisément la situation :

  • missions qui ont changé ;
  • tâches nouvelles ou supplémentaires ;
  • délais difficiles à tenir ;
  • outils insuffisants ou instables ;
  • formation manquante ;
  • objectifs devenus moins lisibles ;
  • difficultés de coordination entre agence et TSC ;
  • impacts sur la relation client ou intérimaire ;
  • fatigue, stress ou perte de qualité du travail ;
  • échanges déjà réalisés avec le manager ou les interlocuteurs concernés.

Cette traçabilité permet de montrer que la difficulté n’est pas théorique, mais directement liée à l’organisation du travail.

Les salariés peuvent également contacter leurs représentants CFTC Adecco afin de faire remonter les situations concrètes et d’identifier les demandes à porter auprès de l’entreprise.

Ce que la CFTC continuera de suivre

La CFTC restera particulièrement attentive aux conséquences concrètes de la TSC pour les salariés et les agences.

Plusieurs points devront être suivis dans la durée :

  • l’information effective des salariés ;
  • la clarté des rôles entre agence, TSC et autres services ;
  • l’évolution réelle des missions ;
  • la charge de travail ;
  • les moyens humains et techniques ;
  • les formations réellement dispensées ;
  • l’impact sur les objectifs ;
  • l’impact sur les agences ;
  • la qualité du service rendu aux clients et aux intérimaires ;
  • les risques psychosociaux ;
  • les mesures correctrices mises en œuvre si des difficultés apparaissent.

La transformation ne peut réussir que si elle prend en compte les réalités du terrain et les conditions de travail des salariés.

En conclusion

La TSC traduit une évolution importante de l’organisation du travail chez Adecco.

Pour la CFTC Adecco, il ne s’agit pas de refuser toute transformation. Il s’agit d’exiger qu’elle soit claire, accompagnée, suivie et corrigée si nécessaire.

Les salariés ont besoin de comprendre ce qui change, de disposer des moyens nécessaires, d’être formés, d’avoir des objectifs cohérents et de pouvoir faire remonter les difficultés.

La ligne de la CFTC Adecco est claire : transformation oui, surcharge non.


Sources et vérification

Article rédigé à partir des informations disponibles, de la position portée par la CFTC Adecco et des textes officiels vérifiés. Les données confidentielles, les noms de clients, les chiffres économiques détaillés et les échanges nominatifs ne sont pas repris dans cette publication.

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