Moins d’intérimaires aux urgences : la CFTC Intérim s’insurge !

La CFTC INTERIM s’insurge sur un des points de la réforme des services d’urgence de Agnès Buzyn.

En effet, dans le cœur de la réforme que doit présenter la ministre de la santé, plus de lits et moins d’intérimaires !!!

800 postes d’urgentistes vacants ? Salaires, formations, horaires, vacances ? Autant de points bloquants que l’intérim fort heureusement permet de palier avec souplesse et réactivité.

Certains salariés des hôpitaux sont obligés pour « boucler » leur fin de mois de s’inscrire dans des agences d’intérim, c’est une triste réalité.

Le gouvernement est-il prêt à mettre la main à la poche pour que les salariés dans les hôpitaux puissent bénéficier d’un salaire décent ?

Mme Agnès Buzyn propose de supprimer les intérimaires dans les hôpitaux, ce qui ne ferait qu’aggraver le manque de personnel dans les hôpitaux, déjà cruel, et les files d’attente dans les services d’urgence. Le personnel n’aura plus le temps nécessaire à accorder aux patients.

Nous demandons un rendez-vous à Madame Buzyn pour sauver les emplois de nos salariés intérimaires présents, qu’elle souhaite balayer d’un revers de main.

Agnès Marchat, Présidente CFTC INTERIM

 


 

ENQUÊTE – Les intérimaires des services d’urgences sont devenus un poids dans le budget des hôpitaux : meilleure rémunération, meilleures conditions de travail…Europe 1 a enquêté sur cette dérive, à laquelle à décider de s’attaquer la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Après les mesures présentées la semaine dernière concernant les Ehpad  ou les infirmiers, Agnès Buzyn a donné rendez-vous, ce lundi après-midi, aux professionnels de santé pour présenter des mesures qui doivent calmer la grogne dans les urgences, alors que près de 250 services sont en grève, soit plus de la moitié. Dans le cœur de la réforme que doit présenter la ministre de la Santé : plus de lits et moins d’intérimaires. Un statut particulièrement présent dans les hôpitaux. Et qui pose problème. Europe 1 a enquêté sur eux.

Ils sont médecins, travaillent à temps partiel, comblent les trous dans les plannings de garde des urgences des hôpitaux, et sont devenus un rouage essentiel du système. Si les derniers chiffres disponibles évoquent, en 2013, entre 5.000 et 6.000 intérimaires dans les services d’urgences, Europe 1 est en mesure d’affirmer que le recours à l’intérim a explosé ces dernières années. Dans un hôpital de Normandie, le budget dédié a même quadruplé depuis 2015, et la moitié n’est consacrée qu’à l’intérim, aux urgences.

Une pratique qui s’explique tout d’abord par un chiffre, 800 postes d’urgentistes sont vacants. Mais également par des conditions très attractives : on choisit son hôpital, ses vacances, ses jours de garde… le salaire est également multiplié, 1.200 euros la garde, contre 200 normalement. « C’est une dérive, ce sont des praticiens qui demandent à passer à temps partiel pour travailler en intérim », explique François Braun, président du SAMU-urgences de France.

Jusqu’à 5.000 euros la garde pour un 31 décembre

« Cela touchait des petits mais aussi des gros services en milieu urbain avec une déstabilisation très préjudiciable », ajoute ce professionnel de santé. Une urgentiste de l’hôpital d’Auxerre ne s’en cache pas, sa motivation première « c’est l’argent ». En travaillant à 80% du temps dans son service d’urgences et en faisant quatre missions d’intérim par mois, elle a doublé son salaire pour atteindre les 8.000 euros. Quand un médecin urgentiste diplômée est embauchée à 2.200 euros par mois en salaire fixe, c’est très peu. On a aussi envie d’une qualité de vie, alors forcément une garde à 1.200 euros ça attire », confie-t-elle.

Mais dans les faits, très peu d’hôpitaux respectent le tarif légal des 1.200 euros pour une garde en intérim. Pour le 31 décembre par exemple, le montant peut s’envoler jusqu’à 5.000 euros. Une situation qui créé forcément des tensions avec les personnels fixes des hôpitaux. « Qu’est-ce qu’on fout encore là ? », se demande cet autre urgentiste. « On bosse comme des malheureux, on ne voit pas nos gamins… A un moment on se dit qui ça sert à rien de râler et qu’on devrait faire comme eux et puis voilà », lâche-t-il.

Un pas que même certains chefs de service s’apprêtent à franchir : en Haute-Savoie l’un d’entre eux a décidé de démissionner dès le mois prochain pour ne faire plus que de l’intérim.

Source : Europe 1